Pendant la guerre, abritant une base de sous-marins allemands bien défendue, Brest est bombardée (de nuit et à haute altitude) durant 4 ans. Les allemands, assiégés par les forces terrestres des alliés, lancent des bombes au napalm et au phosphore sur la ville. A la libération, le port et le centre ville sont en ruines...

Cinq ans après, la surprenante préoccupation du ministre de la reconstruction est la circulation des automobiles. Il entreprend la construction de plusieurs viaducs et de larges avenues avec de grandes perspectives. L'arsenal est également reconstruit et contribue à alimenter la guerre en Indochine.

Quelques 7000 ouvriers (paysans bretons et maghrébins), mal payés, sont logés dans de précaires cités de baraquements. De plus, ils subissent la pénurie qui perdure depuis la guerre. Toutes ces difficultés sociales font que le syndicat CGT et le Parti Communiste Français sont fortement présents parmi les ouvriers de la reconstruction de Brest

obseques_de_Edouard_MazeEn mars, à l'appel de la CGT, de la CFTC, de FO, des Jeunesses Ouvrières Chrétiennes et des anarchistes de la CNT, une grève (suivit par 13000 salariés) bloquent les chantiers, l'arsenal et le port.

La municipalité RPF de Brest met en place une aide alimentaire (dont elle exclut les grévistes) et  la police arrête des responsables syndicaux. La grève continue.

Le 17 avril, une manifestation du PCF (pour la paix en Indochine et contre la misère) est interdite au dernier moment. Les forces de police sont en nombre et ont été secrètement autorisées à faire un "usage dissuasif" de leurs armes.


Les barrages policiers ayant été forcé par les manifestants, un officier de police donne brusquement l'ordre de tirer sur le défilé. La foule se disperse, laissant derrière elle 26 blessés graves et 1 mort.


Des messages de condoléances et de soutien aux grévistes arrivent de toute la France, de Belgique et de Grande-Bretagne. Une grande foule est venue à l'enterrement d'Edouard Mazé, l'ouvrier tué par la police. Des grévistes, d'anciens résistants, des brestois et des gens venus de tout le département marchent symboliquement de la Maison des Syndicats jusqu'à l'église Saint-Martin où un représentant de l'évèché est présent.