Salvador_MarasLes jeunes du Salvador, entre 16 et 20 ans, se retrouvent au sein de bandes appelés Maras. Ils sont supporters du même groupe de rock, du même club de foot-ball et, parfois, règnent sans partage sur leur quartier.

En 1972, un tremblement de terre détruit la capitale Managua. Des paysans qui ont tout perdu viennent s'agglutiner dans d'immenses bidonvilles tandis que la dictature militaire et les guérilleros rebelles se livrent une guerre féroce. En 1978, le chaos social est immense.

Le régime du Salvador applique une économie ultra-libérale où les services publics sont privatisés. Le chômage a explosé et la plupart des bandes vivent désormais de traffics divers.

Le gouvernement d'extrême-droite refuse de considérer que la pauvreté est la principale cause de la criminalité. Il préfère utiliser seulement la répression, face à des Maras qui commettent désormais plus de 6.000 meurtres par an.

Des gangs de plusieurs centaines de membres se partagent les villes salvadoriennes, tandis que la police dispose de pouvoirs exceptionnels et ne se soucie absolument pas des Droits de l'Homme.


Dans la décennie 80, face à la misère et à la repression, des milliers de salvadoriens préfèrent à migrer aux USA. Là, ils se regroupent dans des quartiers où ils forment de nouvelles Maras. A Los Angelès, ils créent la Mara Salvatrucha, la MS. Pour en devenir membre, il faut se laisser rouer de coups par les autres avant d'aller tuer un membre d'un gang ennemi (sympathique non ?). Vivant d'abord du traffic de voitures volées, la MS se diversifie ensuite dans le "car-jacking", le traffic de drogues et d'armes.


Elle devient rapidement une puissante organisation criminelle et est présente dans plusieurs états des USA.

Sa principale concurrente est mexicaine : la Mara 18. En 1994, les batailles de rue entre la Mara Salvatrucha et la M 18 s'apparentent à de véritables guerres. Le gouvernement américain décide alors de procéder à un grand nettoyage.

En 1995, les USA expulsent plus de 100 membres de la MS vers le Salvador. Le rythme s'accélère les années suivantes. A elle seule, la Californie extrade chaque semaine 50 de ces délinquants. Des milliers de jeunes, nés aux USA, se retrouvent donc, du jour au lendemain, dans un pays qu'ils ne connaissent pratiquement pas.