Depuis fin mai, près de 200.000 militaires sont tenus au secret dans des camps, entourés de barbelés, dans le nord de l'Angleterre et en Ecosse. Aucun d'entre eux ne sait ce qui va se passer. Le téléphone est coupé et aucun courrier diplomatique ne quitte le pays. Le survol des côtes sud de l'Angleterre est interdit à tout avion, ami comme ennemi, sous peine d'être abattu. Dans ces camps, certains soldats reçoivent une formation spéciale.

Ils doivent mémoriser les moindres détails de cartes géographiques qui ne comportent aucun nom. Par la suite, ces mêmes cartes sont illustrées de noms en russe, puis en polonais, et (à partir de début juin) de noms en français. Des photos géantes sont affichées sur les murs des salles d'instruction. Là aussi, il faut qu'ils gravent dans leurs mémoires chaque détail, la disposition des maisons, la présence de fossés, la position des arbres, etc...

General_David_Eisenhower

Des sacs à dos sont ensuite distribués à ces bérets rouges de la Spécial Air Service (SAS) Ils contiennent, entre autre, des chaussures à semelles de feutre, des ampoules de morphine, 1 carte de France imprimée sur 1 mouchoir, des explosifs, des grenades, 1 corde de 10 mètres, 1 mini-lime, 1 mini-scie à métaux camouflée, du produit qui perturbe l'odorat des chiens, 2 billets de 1000 francs, des vitamines, 3 feuilles de papier toilette, du chewing-gum.

Tout les militaires sont prêts mais le général David Eisenhower, commandant en chef de la Combined Opération Staff Suprem Allied Command ordonne de reporter le débarquement en Normandie de 24 heures (sur les conseils avisés du météorologue de la Royal Air Force, le capitaine  Stagg). Les 200.000 soldats, 5000 navires et 20.000 véhicules du débarquement allié devront attendre un jour de plus.