En France, le bouillonnement industriel de l'aprés-guerre a permis aux fabricants de faïence de Limoges de passer de l'artisanat à la production de masse et beaucoup d'entre eux s'attachent les services d'artistes prestigieux pour obtenir de nouveaux marchés. La mode, en 1930, est au vase émaillé. Il devient même un objet trés recherché. Camille Fauré, modeste fabricant d'enseignes émaillées, pressent qu'il y a là une opportunité à saisir...

vase_email_FaureL'homme d'affaire s'entoure d'artistes régionaux, tel Alexandre Marty, Louis Valade, Edmond Jacquement (et sa fille Andrée Fauré) avec lesquels il espère bien faire concurrence à l'atelier Sarlandie. L'atelier Fauré réalise alors des prouesses techniques et produit des vases décorés d'opale et couverts d'émail translucide ou métallique. Si ses pièces reçoivent un immense succès à Paris, la bourgeoisie de Limoges se montre violemment hostile...

"Nos émailleurs croient devoir alourdir leurs travaux de couches d'opale qui évoquent des tranches de lard et font ressembler leurs vases de couleur sanglante à des jambonneaux parés par quelque charcutier ami des arts".

Cependant, tandis que les notables de Limoges se répandent en propos acides, les vases aux décors géométriques de Camille Fauré rencontrent un succès mondial et envahissent les sphères du luxe... Quelques décennies plus tard, ils entreront également dans les collections des éclairés amateurs d'Art déco.