Tableau_de_William_Bouguereau_1870Desormais, la loi Neuwirth rend la contraception légale. Mais pour une grande majorité des jeunes françaises de 1967, étudiantes comme lycéennes, la sexualité se décline toujours au rythme des interdits. 

Défense de porter des pantalons en dehors des jours de grands froids, défense de se maquiller, de rentrer tard le soir, défense de flirter et, bien entendu, de faire l'amour avant le mariage ! Mais voilà que l'agitation du mois de mars 1968 arrive...

Des slogans comme "Il est interdit d'interdire" ou "Jouissez sans entrave" enthousiasment les jeunes filles et leur font imaginer une vie nouvelle pour elle, une vie faite de plus de libertés !

Elles entrent dans le mouvement et osent donner la main aux garçons, se laissent porter sur leurs épaules et, suprême défi, comme eux enfilent des jeans. Elles font partie, elles aussi, de cette jeunesse qui, hier,  a dansé le Twist et qui, aujourd'hui, va changer le monde !

Cependant, pour les dirigeants étudiants, la libération de la femme est loin d'être une priorité. La totalité d'entre eux sont des hommes, ainsi que les services d'ordre. Pour les "héros de la révolution" (Hô-Chi-Minh, Che, Mao), même topo !

Dans les usines qui sont occupées, les femmes doivent se contenter de faire les repas et leurs maris grévistes voient d'un très mauvais oeil qu'elles passent la nuit sur le lieu de travail.

Naturellement, les textes des tracts sont écrits par les hommes et tapés à la machine par les femmes. Les militants gauchistes, élevés dans la misogynie, n'hésitent pas à employer l'injure sexuelle face à une femme qui leur tient tête, voire à lui donner des coups (ou à la violer parfois).

Face à cette situation, certaines comprennent que l'ennemi n°1 est le patriarcat. Elles forment alors leur propre mouvement... et en excluent les hommes.