Maurice_PaponC'est avec beaucoup de discrétion que le président Georges Pompidou accorde sa grâce à Paul Touvier, condamné à mort par contumace pour collaboration et exécution d'otages pendant la guerre.

Outrées, les associations d'anciens résistants s'organisent et, en 1973, déposent une plainte contre Touvier, cette fois pour crime contre l'humanité,  car les crimes de guerre sont désormais prescrits.

En 1979, Jean Leguay, adjoint de René Bousquet (secrétaire général à la police de Vichy), est inculpé pour la rafle des juifs au Vélodrome d'Hiver, en 1942.

Dans le même temps, en Allemagne, Kurt Lischka, Ernst Heinrichsohn, Herbert Hagen et 6500 autres sont condamnés pour la déportation de juifs français.

Ces décisions de justice résultent du travail obstiné de Beate et Serge Klarsfeld.

Un procès pour crimes contre l'humanité s'ouvre ensuite, en France, en 1987 : celui du S.S. Klaus Barbie, chargé d'éliminer la résistance et les juifs français. Les crimes commis par des collaborateurs français ayant participé, de près ou de loin,  à la Solution Finale sont désormais liés à ceux commis contre les victimes de la Shoah. C'est pourquoi la condamnation de Klaus Barbie entraîne l'ouverture du procès de Paul Touvier, en 1994.


Trois ans plus tard, malgré les réticences d'une partie de la classe politique française, commence celui de Maurice Papon, ancien préfet de police pendant la seconde guerre mondiale et responsable de la déportation des juifs de Bordeaux. Il aura pourtant poursuivi sa carrière de préfet de 1951 à 1967, aura été député et trésorier du parti gaulliste UDR de 1968 à 1971, puis ministre du budget dans le gouvernement de Raymond Barre, entre 1978 et 1981.