Au milieu du mois de mai, à Saint-Nazaire, une occupation d'usine a lieu. Mais, fait nouveau dans l'histoire du monde ouvrier français, c'est la première fois qu'elle s'accompagne de la séquestration de son directeur. Le lendemain, les 30000 ouvriers de la Régie Nationale des Usines Renault se mettent à leur tour en grève. Dans les jours qui suivent, le mouvement gagne peu à peu l'ensemble du pays...

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Partout, les salariés  cessent le travail et, le 20 mai, il y a officiellement 7 millions d'ouvriers et d'employés français qui sont en grève. La France est paralysée. Après 7 jours de négociations, l'état, les syndicats d'employeurs et ceux des ouvriers tombent d'accord pour une augmentation immédiate des salaires de 7 % (+ 3% supplémentaires à la rentrée). Le SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti) est réévalué de... 35%.

Il passe ainsi à 3 francs de l'heure. La durée de la semaine de travail, qui oscille entre 45 et 48 heures, devrait baisser d'une demie heure, voire 1 heure. Les métallurgistes obtiennent d'être mensualisés. Cependant, dans aucune entreprise française il n'est question de modifier l'organisation du travail. Les syndicats ouvriers se renforcent fortement, y compris dans les petites entreprises...

La CGT augmente ses effectifs de 400000 nouveaux adhérents et la CFDT de 100000. Du coup, les comportements autoritaires des petits patrons disparaissent assez nettement. Cependant, le revers de la médaille pour les dirigeants des syndicats de salariés est que "la base" ne se laisse plus manoeuvrer et veut donner son avis. Les syndicats se voient donc obligés de modifier les modalités de négociations.