La famille Newton fait encore partie de la grande bourgeoisie juive allemande en 1938. Pour sauver son fils Helmut, alors âgé de 18 ans, sa mère l'envoie en Chine. De là, il parvient à Singapour et est ensuite envoyé en Australie où il se retrouve dans un camp d'internement. Il en sort à la fin de la guerre et, en 1946, crée son premier studio de photographie à Melbourne. Là, il fait la connaissance de June qui devient son épouse.

June Newton édite ses livres de photographies et organise ses expositions. Puis, elle se lance elle-même dans la carrière de photographe sous le nom d'Alice Springs. En 1948, Helmut Newton fait occasionnellement des photos pour le magazine de charme Playboy. Il travaille également pour la revue de mode Vogue qui, en 1964, le licencie pour avoir émargé auprès de Queen Magazine. Il entre alors au journal Elle.

Helmut_Newton

Pendant 2 ans, il marque ce journal de son empreinte, y faisant des photos de mode représentant des bourgeoises effrontées. Mais Vogue le presse de revenir. Il accepte, mais à certaines conditions (notamment de pouvoir travailler en extérieur quand il le souhaite). Newton obtient carte blanche et fait alors des images de mode qui montrent ses modèles dans des ambiances fortement teintées de sadomasochisme.

Il exprime ainsi, à sa manière, la révolution sexuelle qui traverse la société de la fin des années 60. A la parution de son livre "White women", en 1976, un critique qualifie les images de nu d'Helmut Newton de "porno chic", l'expression étant entendue comme synonyme de distinction et d'élégance. Par la suite, plusieurs publiscistes essayent de copier son style... avec plus ou moins de bonheur.