A Jedwabne, en 1941, cédant à l'incitation de nazis allemands, des polonais massacres 1600 juifs. Toutefois, la majorité des polonais se contente de rester indifférente au sort de ses concitoyens israélites. En 1946, des pogroms ont lieu à Kielce, Rzeszow et Cracovie : des centaines de juifs, rescapés des camps de la mort, sont tués par la foule. La hiérarchie catholique, plutôt antisémite, reste muette devant ces meurtres.

1946_Auschwitz

En 1956, devant l'aggravation de la situation économique, le dirigeant communiste Gomulka s'appuie sur le général Moczar et sur les nationalistes antisémites. Une campagne officiellement anti-sioniste éclate à l'occasion de la guerre israëlo-égyptienne de 1967. En 1968, Gomulka accuse les juifs polonais d'être des traîtres et les met en demeure d'être fidèles au pays ou de partir : 13.000 d'entre eux préfèrent quitter la Pologne.

Le pape Jean-Paul II vient en Pologne en 1979. Il célèbre la mémoire du père Kolbe (qui s'est sacrifié en prenant la place d'un juif dans un camp) et celle de la religieuse Edith Stein, morte à Auschwitz parce qu'elle était juive. Les livres scolaires osent désormais parler de la présence des populations juives dans l'histoire de la Pologne et, dans les années 1990, un projet de musée sur l'histoire des juifs polonais est même mis en route.

Les fonds pour ce musée proviennent majoritairement de la nation polonaise, mais aussi de juifs américains et israéliens. En 2001, Aleksander Kwasniewski, le chef de l'état, présente les excuses officielles de la Pologne aux juifs polonais. Six ans après, sous la pression de l'extrème-droite, une loi est votée. Elle punit de 3 ans de prison quiconque oserait prétendre que des polonais ont participé à des crimes nazis ou communistes.