L'armée allemande avance vite. La Banque de France choisit de mettre les 736 tonnes d'or de ses coffres en lieu sûr. Un chargement est embarqué le 18 juin à Brest, à destination de Dakar, avec escale à Casablanca. Un sac de 67 kilos de pièces d'or est volé au cours du voyage. La police retrouve rapidement les voleurs (en grande partie des membres de l'équipage). Mais la Banque de France découvre alors d'autres vols, beaucoup plus importants...

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Une caisse a été vidée de ses lingots qui ont été remplacés par des barres de fer et des boulons et, par ailleurs, plusieurs autres caisses se sont volatilisées à Brest. La police pense qu'elles ont pu disparaître entre le fort de Portzic et le quai Laninon, ou qu'elles sont tombées à l'eau au cours du chargement. L'enquête révèle alors un fait étonnant : les hommes chargés d'effectuer l'embarquement de l'or sont ivres à leur arrivée au fort.

De plus, une barrique de vin a été placée à l'entrée de fort Portzic pour leur permettre de se désaltérer. Un gendarme maritime affirme avoir vu au moins 2 caisses tomber à l'eau. En 1945, les allemands partis, la Banque de France peut enfin demander à la Marine Nationale de faire des recherches. Un bateau-pompe aspire la boue, sous le quai Laninon et 4 scaphandriers inspectent une bande de 20 m. par 10... Ils ne trouvent rien !

Un navire-hôpital a été coulé le long de ce quai et la Marine Nationale doit en enlever l'épave. L'inspecteur Demarquette, chargé de l'enquête depuis 1940, est découragé. Les caisses disparues représentent une somme de plus de 20 millions de francs. Le 5 juin 1947, l'épave du bateau-hôpital est enfin enlevée. Hélas, l'affaire vient d'être classée. Ainsi, aucune caisse n'a été (officiellement) retrouvée dans la rade de Brest.