1931_Pierre_LavalEn 1931, l'Angleterre dévalue la livre et est suivie par les USA qui dévalue le dollar. Les produits français, de 30% moins chers que leurs concurrents, se retrouvent brutalement... 20% plus chers ! Mais la France refuse de dévaluer.

Le chômage explose et le pouvoir d'achat des professions libérales, artisans et agriculteurs chute de 40%. Aux USA, en 1933, le président Roosevelt lance alors un programme national de grands travaux. Son but est de relancer l'économie de son pays.

En Europe, au contraire, beaucoup de dirigeants choisissent de réduire leurs dépenses et de garder une monnaie forte. En 1935, en France, Pierre Laval, chef du gouvernement, baisse brusquement les dépenses de l'état et les salaires des fonctionnaires de 10%.

La monnaie restant surévaluée, les exportations s'éffondrent et l'économie s'étouffe. La grogne sociale s'amplifie fortement. Les dirigeants français persistent et affirment que cette crise vient du fait que l'état dépense trop. Il suffit de diminuer encore plus les dépenses.

Laval commence donc par réduire les pensions des anciens combattants. Une grande partie de la classe politique est convaincue de la justesse du remède. Paul Reynaud, qui s'y oppose, est accusé de vouloir détruire l'épargne des français. Aux élections suivantes, ces derniers votent contre Pierre Laval et contre l'austérité.

Léon Blum devient donc, en 1936, chef du gouvernement et met en place une politique de "reflation". Il augmente les dépenses publiques pour relancer l'économie mais le déficit commercial de la France est déjà trop grand. Il dévalue alors (enfin) le franc : il est trop tard. L'économie française ne redémarre qu'à la fin de 1938, sous le gouvernement Daladier, grâce à la relance que produit la fabrication massive de matériel de guerre.