Edouard Michelin, fabricant de pneumatiques, a pris l'habitude d'enquêter depuis 1922 sur les besoins automobiles des français. De son côté, en 1934, André Citroën, fait ambitieusement reconstruire son usine mais, par la suite, manque cruellement de trésorerie. Il doit se résoudre à déposer le bilan et ses banquiers exigent qu'il donne sa démission. Edouard Michelin, son principal créancier, rachète alors l'entreprise.

Michelin sait qu'il doit fabriquer une petite voiture destinée aux ouvriers. Elle devra être peu coûteuse à acheter et à entretenir, avoir 4 places et une capote pour la pluie. Edouard Michelin, en 1938, indique à Pierre Boulanger, PDG de Citroën, qu'il souhaiterait même que la clientèle soit élargie aux professions libérales. Les premiers prototypes d'un surprenant véhicule sont alors discrètement réalisés en 1939.

L'année suivante, l'occupant allemand place à la tête de l'usine Citroën un ancien dirigeant d'Auto Union Deutch Industrie (AUDI). Ce dernier exige que l'usine française produise des camions pour le Reich. En fouillant l'usine, les allemands découvrent les exemplaires de la petite voiture voulut par Michelin. Impressionnés, ils proposent d'échanger ces prototypes contre ceux de la Volkswagen d'Adolf Hitler...

Ils voudraient que les français collaborent à un effort commun de production mais Pierre Boulanger refuse poliment et le projet reste sans suite. Malgré l'interdiction allemande, une première centaine de ces voitures est assemblée en secret : 700 cm3, 2 cylindres, vitesse 90 km/h, 5 litres pour 100 km, 4 places, 4 portes et un toit en toile... telle est celle qui deviendra la populaire et légendaire 2 CV Citroën.

1939_naissance_de_la_2CV_Ctroen