1948-mines du nordJusqu'à la fin des années 1930, les patrons des Houillères se comportent comme des seigneurs.

Ils contrôlent tout de la vie des mineurs, de leur naissance jusqu'à leur mort.

Le soir, quand la nuit tombe sur Mazingarbe, Méricourt ou Bully-les-Mines, dans les corons (propriété des Houillères) où ils habitent, tout est carrément verrouillé et aucun d'entre eux ne peut en sortir.

Aussi, dans les années qui suivent la fin de la 2ème guerre mondiale, avec les grandes avancées sociales apportées par le Conseil National de la Résistance, un vent d'espoir souffle dans les Houillères. Les mineurs du Pas-de-Calais, majoritairement communistes, se sont mis en grève pour obtenir de meilleures conditions de vie.

Ils se sentent si puissants : les 4 cinquièmes de l'énergie consommée en France proviennent du charbon qu'ils sortent de terre ! Les Houillères ne peuvent que céder ! Et, donc, le choc est immense le jour où (3 ans seulement après la libération de la France) ils se retrouvent face à des tanks, des soldats français et des policiers qui envahissent les carreaux des mines pour les chasser de leur lieu de travail.

En cette année 1948, un slogan (qui resservira 20 ans plus tard) jaillit spontanément des bouches des grévistes ulcérés : "CRS... S.S. !" Effectivement, il s'agit bien des toutes nouvelles Compagnies Républicaines de Sécurité. Pour une de leurs premières missions, le ministre de l'intérieur, le socialiste Jules Moch (à la demande des propriétaires des Houillères) les a envoyés briser cette grève.