En Martinique, en 1902, l'éruption de la montagne Pelée détruit Saint-Pierre et fait 30.000 morts. Le fonctionnaire Augustin Elizé est alors muté à Paris. Son fils Raphaël va au lycée Buffon et le jeune métis y est le seul élève de couleur. En 1910, bien que devant subir les préjugés raciaux de ses camarades de classe, il fait partie du 1% de la jeunesse qui obtient son baccalauréat.

Place Raphael Elize-mairie de SableIl décroche ensuite un diplôme à l'école vétérinaire de Lyon. En 1914, il soigne les chevaux au front et y obtient la Croix de guerre.

Une fois la paix revenue, il épouse une martiniquaise et choisit de s'installer dans la Sarthe, département où il n'y a pas de vétérinaire (seulement des castreurs de chevaux et des rebouteux).

Petit à petit, Raphaël Elizé parvient à se faire accepter des paysans sarthois.


En 1929, Raphaël Elizé, qui a choisit la bannière socialiste de la SFIO, devient le maire de Sablé et est ainsi le premier noir à être élu à la tête d'une commune de métropole. Il fait beaucoup pour sa ville et, en 1935, est réélu. En 1939, il combat dans les Ardennes. Démobilisé, le capitaine Elizé revient à Sablé où les nazis refusent qu'un noir soit maire.


Raphaël Elizé est alors limogé par le préfet de la Sarthe. Il entre ensuite dans la résistance mais se fait arrêter et déporter au camp de Buchenwald. Le 9 février 1945, les avions américains bombardent l'usine où il est travailleur forcé : il se précipite volontairement dehors pour mourir sous les bombes. Désormais, la place de la Mairie de Sablé porte le nom de Place Raphaël Elizé.