1906-repos dominicalEn France, un projet de loi sur les retraites ouvrières est approuvé en mars par la Chambre. Le Sénat, qui doit l'examiner à son tour, nomme une commission.

Mais, avant même d'avoir lu le texte, la commission sénatoriale fait part de son hostilité. En effet, les sénateurs considèrent que, s'ils veulent continuer d'être payés, les vieux ouvriers n'ont qu'à continuer de travailler !

Le 10 septembre, le président Doumergue ordonne alors l'application de la loi du 13 juillet. Désormais, le dimanche devient légalement le jour de repos hebdomadaire des commerces de détail.

De rares commerçants, ici ou là, décident de braver la loi et restent ouverts. Des groupes hostiles commencent à manifester devant leurs boutiques mais la police les disperse rapidement.

A Paris, tous les commerces ont fermés leurs portes. Les chaussées sont envahies par une foule joyeuse. Partout, des habitants installent des jeux et, place de la Bourse, une course de bicyclettes est même improvisée. A Montmartre cependant, quelques camelots s'installent devant les magasins fermés pour y vendre leurs marchandises...

Les commerçants du quartier, considérant à juste titre que cette concurrence est illégale, se mettent en tête de les déloger eux-même mais les camelots se défendent. Des policiers interviennent alors et dispersent tout le monde. Globalement, une écrasante majorité de commerçants français a respecté la nouvelle législation dés le premier dimanche de son application.