En février, une grève des douaniers provoque la colère de transporteurs routiers bloqués à l'entrée du tunnel du Mont-Blanc. Leurs syndicats, la Fédération National des Transports Routiers et l'UNOSTRA, demandent alors à leurs adhérents de bloquer les routes. Le blocus s'organise et un immense barrage s'étend, pratiquement  sans interruption, de Chamonix jusqu'à Fontainebleau.

1984-la France bloquee par les camions

Petit à petit, la France est bloquée et des villages, voire des villes, se retrouvent isolés et sans approvisionnement. Le gouvernement socialiste, qui a en mémoire le spectre du Chili de Salvador Allende, se contente d'inviter les patrons routiers au dialogue. Charles Fiterman, ministre communiste des Transports, organise difficilement des négociations avec la FNTR et l'UNOSTRA.

Elles ne débouchent sur rien et, au bout d'une semaine de paralysie nationale, le gouvernement menace d'envoyer plusieurs régiments de CRS et 1200 gendarmes avec des blindés pour dégager les routes. Parallèlement, Jacques Delors, ministre des Finances, tient des propos destinés à rassurer les transporteurs routiers.

Par ailleurs, ces derniers craignent le bras de fer avec le gouvernement. La FNTR et l'UNOSTRA demandent alors à leurs adhérents de lever les barrages et de libérer les routes. Après 9 jours d'un blocus généralisé à tout le pays, ils reprennent leurs activités mais n'ont pratiquement rien obtenu de ce qu'ils demandaient.