1984-industrie du metalLe 8 février, Laurent Fabius, premier ministre socialiste, met en place un plan de restructuration de l'industrie française de l'acier. Ce plan prévoit la suppression de 30.000 emplois pour les 3 années à venir.

En parallèle, des mesures sont prises pour accompagner au mieux cette destruction sociale. Une loi favorisant "l'initiative économique" fait ainsi partie du dispositif de reconversion.

La colère enflamme rapidement les usines et 40.000 sidérurgistes quittent la Lorraine pour venir l'exprimer à Paris. Inquiet, le gouvernement cherche comment limiter les protestations des ouvriers métalliers.

Le socialiste Jacques Chérèque, responsable du syndicat CFDT (Confédération Française Démocratique du Travail), est alors nommé préfet délégué, chargé du redéploiement industriel en Lorraine.

Jacques Chérèque convainc les syndiqués de la CFDT que les licenciments dans la sidérurgie sont inévitables. Il entraîne également la CFDT à rompre l'unité syndical. Son attitude déclenche assez vite l'hostilité du syndicat CGT (Confédération Générale du Travail), largement majoritaire dans l'industrie sidérurgique. Mais tout semble avoir été écrit d'avance...

Le 29 juin, le groupe Creusot-Loire (N°1 de la sidérurgie française) dépose son bilan, ce qui provoque son démantèlement. La liquidation effective du groupe a lieu le 12 décembre. Dans les mois qui suivent, elle va priver plus de 30.000 sidérurgistes de leur emploi et enfoncer une bonne partie de la Lorraine dans un chômage de longue durée.