Pelé en 1958Lorsque les martiniquais apprennent que le Santos Football Club de Sao Paulo et le grand Pelé vont venir à Fort de France jouer un match amical, ils explosent de joie.


De plus, ce match sera le 1000ème de la longue carrière de Pelé !


Mais leur jubilation est de courte durée : le Santos Futebol Clube et Pelé, tous frais payés, coûtent horriblement cher.

Pour le match du 28 janvier, la seule solution est de mettre le billet d'entrée à 100 francs (soit le tiers d'un mois de salaire martiniquais).

La colère remplace alors la joie dans toute l'île...

Les jeunes militants d'extrème gauche du GAP (Groupe d'Action Prolétarien) dénoncent une provocation impérialiste et écrivent partout sur les murs de la ville "Nous irons voir Pelé sans payer !"

Des manifestations ont lieu et des cocktails molotov sont jetés sur les gendarmes. La préfecture parle d'agents cubains qui auraient été envoyés en Martinique. Le match semble compromis et les membres du GAP commencent à s'inquieter de la tournure que prennent les évènements. Puis, pour calmer les esprits, l'état français ordonne à l'ORTF d'organiser la télédiffusion du match dans toute l'île. Le calme revient.

Les martiniquais enthousiastes suivent la partie devant les téléviseurs des rares foyers qui en ont un. Toute la Martinique est fière de jouer contre le roi Pelé et son équipe. L'arbitre martiniquais se permet même d'accorder injustement un pénalty au Santos FC pour le seul plaisir de voir Pelé marquer le but ! En outre, en ce jour historique, les jeunes de l'île n'ont perdu que 4 à 1.