En novembre, le Rwanda a perdu 1 million de ses habitants d'ethnie Tutsi. La forte médiatisation mondiale, après les massacres du printemps, a permis aux organisations humanitaires d'obtenir rapidement des fonds. L'UNICEF, par exemple, dispose de 40 millions de $ pour aider le Rwanda et plus de 100 organisations interviennent dans des camps où s'entassent 2 millions de rwandais.

1994-apres les massacresDans le reste du pays, d'autres millions de rwandais sont menacés par la famine. L'UNICEF et la Croix Rouge internationale installent dans l'urgence l'eau courante dans les villes afin d'éviter les épidémies.

Paradoxalement, les organisations humanitaires préfèrent ignorer le nouveau gouvernement et ne lui accorde rien qui lui permettrait de remettre le pays en ordre de marche.

Pour sa part, la Banque Mondiale exige même le paiement de 3,75 millions d'arrièrés d'intérêts de dette pour débloquer un crédit de 250 millions de $.

Mais le Rwanda, en l'absence de son personnel administratif, ne peut percevoir que de maigres taxes et est, de ce fait, dans l'incapacité de payer.Les services de justice sont, eux aussi, devenus inexistants et les rescapés des massacres voient circuler librement les assassins. Le ministère de l'intérieur estime qu'ils sont environ 200.000.

Par ailleurs, l'ancienne armée rwandaise, hier équipée par le Zaïre de Mobutu et encadrée par des militaires français, contrôle toujours de nombreux camps de réfugiés. Elle y terrorise impunément le personnel humanitaire et les réfugiés, ce qui semble laisser indifférents les soldats du victorieux et puissant Front Patriotique Rwandais.