1912-Jean JaurèsLe ministre socialiste René Viviani veut mettre en place un système de pension pour permettre aux paysans et aux travailleurs de plus de 65 ans d'arrêter de travailler.

Il serait alimenté pour partie par les employeurs, pour une autre par les salariés, l'état complétant le reste.

Cette proposition de loi met en colère le député socialiste révolutionnaire Jules Guesde et ses partisans qui refusent l'amputation des salaires...

Jules Guesde affirme que les salariés gagnent déjà à peine assez pour nourrir leurs familles  et que, de plus, ils ne sont que 6% à atteindre l'âge de 65 ans : cette retraite serait donc un marché de dupes !

Le 1er mai, le syndicat révolutionnaire CGT (Confédération Générale du Travail) organise des manifestations dans toute la France contre "la retraite des morts".

Le dirigeant socialiste Jean Jaurés se dit, lui, favorable à ce système dans la mesure où il pourra ensuite être amélioré par un abaissement de l'âge de départ en retraite, une augmentation des pensions et la participation des salariés à la gestion des retraites.

Jaurès prend modèle sur l'Allemagne où, depuis 30 ans déjà, le chancelier Bismarck a mis en place un système d'assurances sociales efficaces.


Le 14 avril, une grande majorité des députés vote pour le texte originel de Viviani. Dés le 1er janvier 1912, 2.650.000 salariés commencent à bénéficier de Retraites ouvrières et paysannes. Le ministre Léon Bourgeois propose alors d'améliorer la loi en abaissant l'âge de départ à 60 ans et en revalorisant les pensions. Mais, 2 ans plus tard, la guerre éclate et le système s'écroule faute de cotisants !