1903-Nicolas II et son conseil

Le tsar Nicolas II est intimement convaincu que ses ancêtres et lui ont tous été élus par Dieu pour gouverner la Sainte Russie : il craint de les trahir s'il réforme l'Empire russe ou accorde la moindre concession à son peuple. Paradoxalement, il nomme le réformateur Serge de Witte 1er ministre. Mais De Witte est un homme de caractère et celà irrite rapidement Nicolas II.

De Witte s'oppose à l'idée du tsar d'entrer en guerre contre le Japon. Cependant, après la défaite de son pays, il accepte de signer le traité de paix de Portsmouth à la place de Nicolas II, lequel le limoge ensuite. La lourdeur des pertes russes rend toutefois le tsar très impopulaire. De Witte est remplacé par Piotr Stolypine qui reprend aussitôt la politique de réforme de son prédécesseur.

Stolypine parvient à faire accepter au tsar la création d'un parlement (Douma) mais Nicolas II n'accorde que très peu de pouvoir à ses membres. Par ailleurs, Stolypine veut créer une classe de riches paysans qui fera un lien social entre la noblesse et le bas peuple : il est assassiné avant d'y parvenir. Nicolas II le remplace alors par un 1er ministre parfaitement servile.

La Russie entre dans la 1ère guerre mondiale. Le tsar prend la tête des armées et s'installe au Grand Quartier Général. Ce faisant, il s'attire l'hostilité ouverte de ses généraux, tout en négligeant la gestion de l'Empire. Livrée à elle-même, l'économie russe se modernise sans lui. Le peuple, docile par tradition, est déjà sous l'influence des intellectuels... qui préparent la future Révolution.