1940-La Petite GirondeDés le 24 juin, premier jour de l'invasion de la France par l'armée allemande, Richard Chapon, directeur du quotidien La Petite Gironde, écrit qu'il faut "demander des comptes aux trublions criminels qui ont égaré les esprits et abâtardi la France".

L'éditorial du 31 juillet appelle les lecteurs à se soumettre aux autorités d'occupation. L'auteur du billet y exprime également sa détestation des juifs.

Le 28 mars 1942, la une de La Petite Gironde annonce que "le français éliminera le juif comme il aurait éliminé le nègre ou le peau-rouge" et, le 2 mai 1944, le même journal écrit que "les volontaires français de la Waffen S.S. vont se battre pour protéger la culture européenne contre la barbarie judéo-asiatique". Puis, le 28 août, Bordeaux est libérée. Du jour au lendemain paraît un nouveau journal...

Il se nomme Sud-Ouest et a été imprimé sur les rotatives de La Petite Gironde (qui disparaît le même jour). Les correspondants de presse de Sud-Ouest sont les mêmes que ceux de La Petite Gironde et Jacques Lemoine, qui a été directeur de La Petite Gironde entre 1940 et 1942, devient le directeur de Sud-Ouest. Dés le premier jour, les abonnés de La Petite Gironde reçoivent Sud-Ouest.

Les instances de la presse nationale résistante décident alors d'envoyer une commission d'enquête à Bordeaux. Gaston Cusin, commissaire de la République, confie cette commission à Maurice Papon, son chef de cabinet... En juillet 1949, le tribunal de Toulouse décide que La Petite Gironde et Richard Chapon peuvent récupérer leurs locaux et leurs rotatives.