Face au nombre grandissant de voitures qui circulent dans Paris, la Préfecture de Police décide de s'équiper. Elle achète alors  15 Renault 4 cv. et exige du fabriquant qu'elles soient livrées sans peinture ni siège. Les techniciens de la police s'emploient ensuite à les transformer en véritables véhicules de police. Les moteurs sont remplacés par de puissants 30 cv., capables d'atteindre la vitesse de 120 km/h.

1955-4CV Pie de ParisLes bolides sont munis de 2 sièges de 2 cv. Citroën et les portières avant sont découpées de façon à pouvoir tirer sans avoir à les ouvrir. Chaque voiture est équipée d'une sirène et d'un projecteur orientable. Elle reçoivent également un très moderne radio-émetteur qui leur permet de communiquer avec un poste central. Les techniciens de la préfecture les peignent ensuite en noir et blanc... d'ou leur surnom de "voitures pies".

Fort heureusement, elles n'ont pas à se soumettre aux tests du Service des Mines (où elles auraient été refusées). Elles partent donc en mission dans la capitale et patrouillent 24 h. sur 24, participant à la régulation de la circulation pendant la journée et à la lutte contre la criminalité la nuit. Il faut régulièrement recharger leurs batteries car les postes radio-émetteurs les vident très rapidement.

Constatant leur capacité à se faufiler partout, la Préfecture de Police décide en 1957 d'augmenter les effectifs des "voitures pies" de 58 nouvelles unités, et ce juste avant que Renault ne décide d'en arrêter la fabrication. Il ne reste hélas aujourd'hui aucune de ces 73 véritables pièces de collection : arrivées en fin de vie, elles ont toutes été systématiquement envoyées à la casse.