L'ouverture, en 1980, du tunnel du Gothard provoque le triplement du nombre des camions européens qui traversent la Suisse. Or la Confédération Helvétique a toujours été favorable au transport des marchandises par rail et, en 1984, il pèse toujours 86% face à la route. Les suisses décident cependant d'interdire l'entrée de leur pays aux camions de plus de 28 tonnes quand l'Union Européenne voudrait lui imposer plus de 40 tonnes par véhicule.

1994-le rail suissePuis, par référendum, les helvètes refusent en 1992 d'adhérer à l'Espace Economique Européen. Deux ans plus tard, l'association Initiative des Alpes lance une votation pour faire interdire la construction de nouvelles routes et l'élargissement des anciennes : le "Oui" obtient une majorité de 52%. Les dirigeants européens s'énervent alors contre le processus démocratique de la Suisse et menacent de bloquer les accords commerciaux avec elle.

Les Pays-Bas parlent même d'interdire aux avions de la Swissair d'atterrir dans les aéroports hollandais. Sous la pression, la Confédération Helvétique accepte alors, en 1998, de laisser les camions de 40 tonnes traverser son territoire. En contrepartie, les suisses obtiennent que l'Europe paie une taxe sur les poids lourds en transit : elle servira à améliorer le réseau ferroviaire helvétique et le transport par voie ferrée.

En 2001, l'incendie d'un camion dans le tunnel du Gothard cause la mort de 11 personnes. L'émoi est grand et le nombre de camions diminue un peu par la suite. Il se stabilise à 1,2 millions de véhicules (alors qu'il était de 312.000 en 1980). Le gouvernement fédéral suisse a désormais comme objectif de le ramener à 650.000, en augmentant fortement la taxe sur les camions... Mais l'Union Européenne refuse toute négociation sur ce sujet.