Bernard Tapie a 20 ans quand, en 1954, il quitte le Parti Communiste Français et enregistre Passeport pour le soleil, un disque dont il a écrit les paroles et la musique. Un américain s'intéresse à ce disque et en achète les droits. Il en fait la musique du film Les Bérets verts, que produit John Wayne. Bernard Tapie se lance ensuite dans le négoce et, dans les années 1970, dirige une holding qui réalise plusieurs millions de chiffre d'affaire.

1980-Bernard TapieTout lui semble bon pour faire de l'argent : il invente la multipropriété pour les résidences secondaires ou transforme sans complexe les tenues de l'équipe de France de ski en support publicitaire pour une marque de... cigarettes (ce qui provoque l'interdiction de concourir de cette équipe).

Mais, surtout, il aide les entreprises en difficultés à se faire racheter par celles qui sont en bonne santé.

En octobre 1979, prenant l'avion pour Abidjan, il découvre dans un journal que 90% des français souhaitent que les biens de l'ex-empereur Bokassa, alias Jean Bedel, soient saisis.

Tapie se rend aussitôt auprès de Bokassa, lui montre le sondage, le convainc que la France va saisir ses châteaux et ses hôtels et lui propose de lui racheter le tout pour 12 millions de francs. Bokassa signe sans hésiter ! Quelques jours plus tard, il reçoit une information d'un conseiller du président Valéry Giscard d'Estaing : la France n'a jamais eu l'intention de saisir les biens de Bokassa.

Ce dernier est furieux mais il est trop tard... Ses châteaux et hôtels (qui valent une fortune) sont mis sous tutelle et, en 1980, sont mis en vente aux enchères. Le produit de la vente est intégralement reversé par Tapie à l'UNICEF. Il profitera ainsi aux enfants du tiers-monde. Dans cette affaire, Bernard Tapie se contente de soigner son image par un joli coup de publicité.