Le 27 mai 1943, Jean Moulin, Robert Chambeiron et Pierre Meunier rassemblent des représentants de mouvements de résistance, de syndicats ouvriers et de plusieurs partis politiques (de gauche comme de droite). En tout, ils sont 19 et ils officialisent la création du futur Conseil National de la Résistance (CNR). En parallèle se crée en juillet un Comité Central des Mouvements de Résistance (CCMR)...

1944-le Conseil National de la RésistanceLe CCMR rejete catégoriquement les partis politiques qui ont prété serment au maréchal Pétain et, pour celà, s'oppose au CNR. Puis, en janvier 1944, le CCMR rejoint finalement le CNR. Le CNR met alors en place un bureau permanent, ainsi que des commissions, et opte pour la généralisation du vote à l'unanimité. Ses membres élisent Georges Bidault comme président et, 10 mois après, définissent un programme à appliquer à la France libérée.

A Londres, Léon Blum le réclamait depuis 1 an, tout comme la CGT en France. Pierre Villon, du Front National, joue un rôle important dans la rédaction des mesures sociales et économiques à prendre à la Libération. Le programme du CNR est adopté à l'unanimité le 15 mars 1944 : il prévoit de châtier les traîtres, de chasser les "collabos" des administrations et de confisquer les biens de ceux qui se sont enrichis grâce au marché noir.

Le suffrage universel et la liberté de la presse seront rétablis. Les grandes compagnies de production d'énergie, les richesses du sous-sol et les grandes banques seront nationalisées. Les salaires seront fortement relevés, le syndicalisme indépendant de nouveau autorisé et un plan complet de sécurité sociale (géré par les intéressés) sera mis en place. Par contre, à la demande des radicaux, le droit de vote des femmes ne figure pas dans le programme.