Selon Daikha Dridi, journaliste au Quotidien d'Oran, l'Union Européenne (UE) verse depuis 1998 une aide spéciale à l'Algérie, à la Tunisie et au Maroc. Pour ces 3 pays, la contrepartie exigée par l'UE est qu'ils bloquent les migrants en provenance d'Afrique noire et les empêchent d'atteindre l'Europe. La police marocaine arrête donc des centaines de noirs qu'elle interne dans des camps...

1998-SaharaLes policiers tunisiens en expulsent d'autres qu'ils laissent dans le désert, à la frontière libyenne. Au cours de l'année 2000, l'Algérie a internée à Tamanrasset 4.973 migrants maliens et nigérians et les a ensuite renvoyée dans leurs pays.

L'objectif de l'UE est d'obtenir la fermeture des voies d'accès au Magreb et, ainsi, d'obliger les migrants à traverser le désert. C'est pourquoi l''Europe presse le Maroc pour qu'il ferme l'aéroport de Casablanca aux noirs d'Afrique.

Les 400 migrants sénégalais, maliens et nigérians qui arrivaient chaque semaine dans cet aéroport ne sont désormais plus qu'une dizaine. Les autres sont maintenant contraints de traverser le désert du Sahara où ils subissent la soif, la faim et des violences.

Leurs passeurs, craignant d'être arrêtés par la police ou l'armée, choisissent souvent d'abandonner les migrants en plein désert et les obligent ainsi à finir la traversée à pied. Rares sont ceux qui atteignent vivants le nord du Maroc ou de l'Algérie...

Le 22 mars 2001, le journaliste Antonio Baquero, affirme dans El Périodico de Catalunya que les jeunes femmes qui parviennent jusque là se font violer et sont contraintes de passer de soldat en soldat pour que les groupes de migrants avec qui elles sont puissent repartir.