1973-Salvador Allende"C'est le président de la République qui vous parle. De sources confirmées, nous apprenons qu'un secteur de la Marine a encerclé Valparaiso.

La situation est critique. Nous faisons face à un coup d'état auquel participe la majorité des Forces Armées (...)

C'est certainement la dernière opportunité que j'ai de vous parler. Les Forces Armées aériennes ont bombardé les antennes de Radio Magallanes (...)

Travailleurs de ma patrie, je veux vous remercier pour la loyauté dont vous avez toujours fait preuve, de la confiance que vous avez donné à un homme qui a été seulement l'interprète de grands désirs de justice, qui s'est engagé à respecter la constitution et la loi, ce que j'ai fait (...)

Ils vont sûrement faire taire Radio Magallanes et le métal tranquille de ma voix ne vous atteindra plus. Peu importe. Vous continuerez à m'écouter. Je serais toujours près de vous. Vous aurez au moins le souvenir d'un homme digne qui fut loyal avec la patrie.

Vive le Chili ! Vive le peuple ! Vivent les travailleurs ! Ce sont mes dernières paroles. J'ai la certitude que mon sacrifice ne sera pas vain"...

(Le matin du 11 septembre 1973, à 9 heures, Salvador Allende, 32ème président de la République du Chili, prononce ces quelques phrases au micro de Radio Magallanes. C'est sa dernière prise de parole publique avant sa mort).