1952-La Bretagne et le cochonDans les années 1950, le gouvernement français cherche l'autosuffisance alimentaire. Il décide pour celà de faciliter le développement de l'élevage intensif en Bretagne.

La Jeunesse Agricole Chrétienne (JAC) propose aux jeunes bretons d'en profiter pour moderniser leur agriculture et pour s'ouvrir au monde. De ses rangs émergent alors Alexis Gourvennec et Bernard Lambert, 2 futurs dirigeants du monde agricole breton.

L'un et l'autre démarrent des élevages porcins qui incluent de nombreuses techniques nouvelles et cette "mode" s'étend à beaucoup d'agriculteurs bretons.

Dans l'euphorie, le Comité d'Etudes et de Liaisons des Intérêts Bretons (CELIB) réclame au gouvernement des universités, des autoroutes, un remembrement, le téléphone et l'alimentation en eau et en électricité pour tous les bretons. En 1968, le gouvernement incorpore ses demandes dans son Plan Routier Breton.

La production de porcs français reste encore, en 1969, inférieure de 20% à la demande nationale mais s'équilibre dés l'année suivante. En 1976, Alexis Gourvennec (FNSEA) préconise pourtant d'abandonner les "minables" pour gagner la bataille de la production. Bernard Lambert, autre dirigeant de la FNSEA, est outré : il claque la porte et part fonder la Confédération Paysanne. En 1984, le déficit de production redescend de nouveau à -20%...

Tandis que la grande distribution se met à acheter du cochon hollandais ou danois, le gouvernement français recommande à la Bretagne de produire plus, et dans des fermes plus grandes. Ainsi, en 1998, les 4 départements bretons produisent à eux seuls 60% des porcs français. Ils dominent le marché national et exportent désormais dans toute l'Europe et en Russie. Les bretons se disent alors parfaitement satisfaits de la politique de libre-échange de l'Europe...