En janvier, l'empire Ottoman commence par désarmer ses 250.000 soldats arméniens. Puis, le 24 avril, les intellectuels et les notables arméniens de la ville de Constantinople, accusés d'avoir pactisé avec la Russie, sont arrêtés et massacrés. L'ensemble du peuple arménien est alors déporté dans le désert de Syrie, à Abuharar, à Deiz el-Zor, à Rakka ou à Alep. Entre 1915 et 1916, les 2 tiers de la population arménienne y sont tués...

1915-deportation des armeniensPrivées de nourriture et d'eau et subissant de terribles violences, 1.300.000 hommes, femmes et enfants trouvent la mort dans les camps de concentration installés dans ce désert. La décision de les faire disparaître a été prise par le gouvernement turc, alors allié de l'empire Austro-Hongrois et de l'Allemagne. Malgré l'interdiction de sa hiérarchie, un infirmier allemand nommé Armin Wegner parvient cependant à prendre des photos de ces "marches de la mort".

Armin Théophil Wegner est alors renvoyé en Allemagne. Ses photos prennent le même chemin mais... clandestinement. Après la guerre, Wegner les utilise pour témoigner de ce qu'il a vu et crée également l'Union des Objecteurs de Conscience. En février 1919, il publie une lettre ouverte dans le journal Berliner Tageblatt et, au nom des Droits de l'Homme, lance un appel à Woodrow Wilson, président des USA.

Lorsque les nazis prennent le pouvoir en 1933, l'ancien sous-lieutenant Armin Wegner s'oppose aux lois antisémites. Il est alors arrêté, torturé et déporté dans un camp de concentration. Mais il parvient à s'enfuir en Italie où il meurt en 1978. Toutefois, ses photos ne disparaissent pas avec lui : désormais précieusement conservées, elles constituent d'irréfutables témoignages du génocide perpétré contre les arméniens.