A chaque fois que la situation économique de la Pologne communiste se dégrade, le gouvernement augmente les prix de la nourriture et accélère les cadences de travail dans les usines. Le pays connaît donc plusieurs périodes insurrectionnelles (en 1956 à Poznan, en 1970 à Gdansk, en 1976 à Radon et de nouveau à Gdansk en 1980). Les dirigeants communistes y répondent invariablement par la répression et le changement du 1er secrétaire du Parti.

1981-general Jaruzelski


En juillet 1981, le syndicat ouvrier Solidarnsosc obtient que le Parti Communiste crée un tribunal afin de juger les 63 dirigeants accusés d'avoir gaspillé l'argent de l'état, à savoir l'ancien 1er ministre Piotr Jaroszewicz, l'ancien 1er secrétaire Edward Gierek, 18 ministres, 36 vice-ministres et 7 vice-premiers ministres.


Plusieurs milliers de fonctionnaires et de permanents du Parti sont également soupçonnés de corruption et plusieurs centaines d'entre eux sont arrêtés.

Le 13 décembre, une junte militaire s'empare du pouvoir : 32 dirigeants communistes sont aussitôt emprisonnés. En 1984, ils sont libérés, sauf l'ex 1er ministre Jaroszewicz qui est accusé par les militaires d'avoir dissimulé la réalité de la situation économique du pays.

Jaroszewicz contre-attaque et rappelle alors au général Jaruzelski que, pendant les 28 ans où il a dirigé la Pologne, il a toujours eu l'accord du Bureau politique du Parti et, donc, de Jaruzelski lui-même.

En juin, les opposants au régime appellent les polonais à ne pas participer à un scrutin électoral. Malgré les menaces du pouvoir, l'abstention dépasse les 25%. Le 29 novembre 1987, le gouvernement soumet à référendum son projet de réforme économique du pays... Les polonais y répondent majoritairement non ! Les grèves massives qui éclatent par la suite confirment clairement que le régime communiste est désormais minoritaire en Pologne...