1968-Jean CardonnelEn 1965, le concile du Vatican révèle qu'une petite partie du clergé catholique remet en question sa hiérarchie et les structures de l'église.


A Paris, en mars 1968, Jean Cardonnel, curé d'extrème-gauche, est invité par le journal Témoignage Chrétien à animer 3 conférences dont le thème est Evangile et Révolution.


Le 13 mai, un groupe de prêtres et de pasteurs qui se disent solidaires des étudiants descend les rejoindre dans la rue.

Le 21 mai, Témoignage Chrétien lance un appel aux croyants pour leur demander de changer l'église. Le prêtre Robert Davezies rédige à son tour un texte qui invite les chrétiens à rejoindre la révolution et le fait signer aux protestants comme aux catholiques. Une vingtaine d'étudiants catholiques fonde le Comité d'Action pour la Révolution dans l'Eglise (CARE) qui s'illustre en distribuant des tracts pendant la messe de Pentecôte dans l'église Saint-Severin.

Dans les séminaires de Bordeaux et d'Issy-les-Moulineaux, les études sont perturbés par la contestation des séminaristes. A Marseille, un atelier d'hérésie est mis en place. A Rennes, les discussions évoquent Che Guevara et à Bayeux, un drapeau rouge est hissé sur le toit du séminaire. Mais, pour leur part, trés peu de membres de la Jeunesse Etudiante Chrétienne suivent le mouvement qui agite la jeunesse française.

Dans les paroisses de province, non seulement les croyants restent indifférents à l'agitation de Paris mais, en outre, ils répondent massivement à l'appel du clergé et à celui de François Mauriac et, le 30 mai, viennent manifester en nombre contre ce que le général de Gaulle nomme "la chienlit" ! Le calme revient ensuite dans l'église catholique française mais, entre 1971 et 1975, 960 jeunes prêtres décident cependant de quitter les ordres.