Artificiellement créé en 1830, le royaume de Belgique comprend la Flandre néerlandophone dans le nord , la Wallonie francophone dans le sud et un minuscule territoire germanophone à l'est du pays. Bruxelles et les communes qui l'entourent forment une enclave dans les terres flamandes où les habitants parlent soit le néerlandais soit le français et où les documents administratifs sont traduits dans les 2 langues.

Au début du 20ème siècle, les wallons connaissent l'opulence et le plein emploi grâce aux mines de charbons et aux filatures. L'usage du français est imposé aux flamands, pauvres et déconsidérés. Mais le vent tourne : les mines et les filatures ferment et les tensions commencent à opposer les 2 communautés. Des partis ultra-nationalistes flamands voient le jour. Ils affirment que le nombre de flamands est en augmentation dans le centre de Bruxelles.

1991-BruxellesIls s'opposent donc farouchement à la francisation de la ville et les plus extrémistes revendiquent l'appartenance à la Flandre des municipalités de Hal et de Vilvorde, dans la lointaine banlieue. En réaction, les francophones de l'enclave bruxelloise fondent en 1964 le Front Démocratique des Francophones de Bruxelles (FDFB), un groupe régionaliste d'extrème-droite. Le FDFB propose alors un échange aux nationalistes flamands...

Hal et Vilvorde contre les municipalités de Wemmel, de Crainhem, de Wezembeek, de Drogenbos, de Linkebeek et de Rhode-Saint-Genèse (toutes situées dans la proche banlieue de Bruxelles) : les flamands refusent et la Belgique se divise autour de ce désaccord. En 1991, le FDFB est devenu FDF et il se présente aux élections. Dans son programme, il réclame désormais le rattachement de Bruxelles et de la Wallonie à la France...