Louis Etienne Costa habite le village corse de Cognocoli où il est notaire. Son père a fait la Commune de Paris et lui fréquente régulièrement les groupes anarchistes de l'île. Louis Costa est par ailleurs militant de la Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO) et voue une immense admiration à Jean Jaurés. Pour ces 2 raisons, il décide de faire voter une motion à la fédération de Corse de la SFIO, réunie en congrès le 7 avril 1919...

1919-LouisCosta


La motion est un véritable appel à la vendetta : les votants demandent que les auteurs du crime commis contre Jaurés soient recherchés et exécutés. Pour se faire, la SFIO devra constituer un groupe de militants qui seront chargés d'appliquer la sentence.


Le 21 avril, Marcel Cachin, Jean Longuet et d'autres dirigeants de la SFIO se réunissent en congrés national à Paris. Pour eux, il est hors de question de donner suite à la motion corse. Non seulement ils ne l'évoquent pas mais ils font en sorte que toutes les traces la concernant disparaissent.

En 1920 a lieu le Congrés socialiste de Tours. Louis Costa fait partie de ceux qui quittent la SFIO. Il prend alors la tête du tout nouveau Parti Communiste Corse qu'il conservera jusqu'en 1936.

Mais, toutefois, il garde précieusement les documents de la fédération de Corse de la SFIO, notamment ceux de sa motion Jaurés de 1919.

Soigneusement conservés par la famille Costa, Jean Maitron (spécialiste des mouvements anarchistes) et Madeleine Rebérioux (spécialiste de Jean Jaurés et de l'histoire du socialisme) les retrouvent en 1971. Ils font alors publier ces archives historiques et inédites dans le n°42 du bulletin de la Société d'Etudes Jaurésiennes (dont le professeur et écrivain Madeleine Rebérioux deviendra la présidente  en 1982).