En 1944, le débarquement en Normandie et les combats qui s'ensuivent sont terriblement meurtriers. L'armée allemande perd 55.000 soldats, l'armada américaine 21.000, les troupes anglo-canadiennes 16.000 et la France... 20.000 civils ! Caen, Vire, Falaise, Lisieux, Saint-Lô, Flers, et Condé-sur-Noireau sont en ruines. Winston Churchill, 1er ministre britannique, s'inquiète de savoir si les français n'en prendront pas ombrage.

1944-Le_Havre en hiverPour Franklin Roosevelt, président des USA, gagner en épargnant des vies américaines est son seul souci. La stratégie choisit par les alliés est donc d'écraser les villes sous les bombes avant de les attaquer. Le 5 septembre, Le Havre est inutilement rasée par 10.000 tonnes de bombes qui tuent 4000 de ses habitants.

En 1964, le président Charles de Gaulle refuse toujours de participer aux cérémonies commémoratives et il délègue Jean Sainteny, ministre des anciens combattants, pour y faire un discours glorifiant la résistance française et la France libre. Le président Valéry Giscard d'Estaing délègue son ministre de la défense en 1974 et, en 1978, Jimmy Carter, président des USA, vient s'incliner sur les tombes du cimetière américain d'Omaha Beach.

Pour les 40 ans du débarquement, en 1984, le président François Mitterrand décide d'assister aux cérémonies et de rendre hommage aux soldats alliés qui sont tombés sur le sol français. La Normandie et les plages du débarquement deviennent par la suite des lieux de tourisme mémoriel où des musées privés "à la française" se multiplient. Ils s'y livrent une concurrence commerciale désormais libérée de tout complexe.