L'offensive du général Nivelle est un échec qui a coûté la vie à un nombre effroyable de soldats français. Une grande partie de ceux qui ont survécu ne fait plus confiance aux gradés et les cas de refus collectif d'obéir aux ordres se multiplient. Au cours du mois de mai, des poilus stationnés sur le Chemin des Dames les contestent désormais ouvertement. Dans le 321ème régiment d'infanterie, près de 150 soldats désertent en même temps.

1917-soldats francaisLe 15 mai, après toute une série d'attaques inutiles, le 128ème régiment d'infanterie est relevé et part au repos à l'arrière. Le 20 mai, il reçoit l'ordre de retourner au front mais les soldats refusent...

Deux mitrailleuses sont alors braquées sur la troupe pour la forcer à obéir : 7 des mutins passent en conseil de guerre et 4 d'entre eux sont condamnés à mort.

Mais, en l'apprenant, le gouvernement craint que leurs exécutions n'aggravent la situation sociale agitée de l'arrière.


D'autres refus d'obéissance se produisent sur le front et, ici et là, des soldats commencent à chanter L'Internationale. Des régiments se regroupent et envisagent de faire route sur Paris.


Des officiers, de plus en plus nombreux, comprennent que ce que demandent avant tout leurs hommes est seulement d'être respectés. Pendant ce temps, des agents de la sureté aux armées infiltrent les unités en rebellion afin de repèrer tous les meneurs...

Le général Philippe Pétain les fait aussitôt passer par les armes, tout en rétablissant les permissions et en ordonnant que la nourriture des soldats soit améliorée. Il fait également installer des coopératives militaires et conseille aux officiers de dialoguer avec leurs hommes. Le calme revient au mois de juillet, après que 30.000 soldats se soient révoltés (3427 d'entre eux sont condamnés, dont 554 à mort... mais seule une cinquantaine a réellement été fusillée).