Le 4 septembre 1916, l'armée britannique essaye sa nouvelle arme : un véhicule blindé à chenilles. Mais l'essai s'avère loin d'être concluant. Puis, en 1917, tirant quelques leçons de l'échec de son allié britannique, l'état-major français décide à son tour d'utiliser cette arme prometteuse. Le 16 avril, 128 chars blindés Schneider quittent Berry-au-Bac à 7 heures du matin et se dirige lentement vers les tranchées ennemies...

1917-chars francaisSous un tir d'artillerie nourri, ils ne parviennent à atteindre la seconde ligne des tranchées allemandes qu'au bout de 4 heures et ne réussissent à la franchir qu'en début d'après-midi. Les fantassins qui les suivent à pied ont dû se replier tant les tirs d'obus qui arrosent les lourds blindés sont intenses.

Au soir de ce qu'il considère comme une journée historique, l'état-major français fait le bilan et son résultat est encore plus décevant que celui des anglais...

Les 2/3 des chars d'assaut ont été détruit avec leurs équipages et environ 20.000 des soldats qui les accompagnaient ont été tués. Espérant beaucoup de cette arme nouvelle, les fantassins français sont encore plus déçus que leur hiérarchie. L'état-major français décide d'essayer un nouveau modèle et, le 18 juillet 1918, 321 blindés rapides Renault surgissent de la fôret de Villers-Cotterêts, péniblement suivis par l'infanterie qui doit les accompagner.

Devant la rapidité de l'attaque, les allemands se replient en désordre. Puis, à Montdidier, le 8 août, 456 autres chars Renault se ruent sur les lignes ennemies en surgissant d'un brouillard artificiel : le front est largement enfoncé et 6 divisions allemandes sont anéanties. L'état-major allemand, qui s'est jusque là toujours refusé à croire aux vertus des chars d'assault, réalise alors qu'il a fait une lourde erreur et qu'elle pourrait lui coûter cher.