1957-parachutistes francais dans AlgerAprès la guerre d'Indochine, les militaires français mettent au point la Doctrine française : un éventail efficace de méthodes de "guerre antisubversive" qu'ils appliquent au cours de la bataille d'Alger pour éliminer les combattants algériens du Front de Libération National (FLN).

Au début des années 1960, Pierre Mesmer, ministre des armées de Charles de Gaulle, sélectionne alors quelques officiers de l'armée française parmi ceux qui ont fait les guerres d'Indochine (Vietnam) et d'Algérie.

Ces militaires sont ensuite envoyés à Buenos Aires, à Rio de Janeiro et à Fort Bragg où ils sont chargés d'enseigner le savoir-faire qu'ils ont acquis en matière de recherche de renseignements, de techniques de torture et de disparitions après interrogatoires.

Leurs élèves sont des militaires de l'armée nationale du Brésil, d'Argentine, du Chili, du Paraguay et des Etats-Unis.

Dans les années 1970, le général Pinochet au Chili, le général Stroessner au Paraguay et le général Videla en Argentine prennent le pouvoir dans leurs pays respectifs. Leurs armées établissent alors des régimes de terreur, pratiquent des exécutions arbitraires, torturent et font disparaître leurs opposants. Tous affirment mener la repression au nom de la lutte contre le communisme, se coordonnant même à l'échelle du continent sud-américain.

Pour leur part, les USA apportent un soutien financier conséquent à toutes ces dictatures, à qui ils envoient également des conseillers militaires. En France, le gouvernement de Valéry Giscard d'Estaing choisit de faire arrêter les opposants sud-américains en exil et de les faire réexpédier dans leurs pays d'origines où ils sont capturés à la sortie de l'avion. 


La journaliste d'investigation Marie-Monique Robin a obtenu le prix 2004 du Mérite (décerné à Las Végas, USA, par The Latin American Studies Association) pour son livre  Escadrons de la mort, l'école française qu'elle a écrit après avoir interrogé et enregistré Pierre Mesmer, le général Paul Aussaresses, le général Marcel Bigeard, le colonel Charles Lacheroy, le général Reynaldo Bignone, Albano Harguindéguy, Manuel Contreras, John Johns et Carl Bernard.