Au début du printemps, la très forte augmentation du nombre d'ouvrières et d'ouvriers qui travaillent pour l'industrie de guerre permet aux syndicats de renforcer leurs effectifs et d'afficher ouvertement leur grande opposition à la poursuite de la guerre. Par ailleurs, dans toutes les grandes villes françaises, les ménagères forment d'immenses files d'attente qui s'étirent devant des magasins où même la nourriture rationnée est devenue rare et hors de prix.

1917-Louis-Jean MalvyMalgré la guerre, des manifestations ont lieu chaque jour et, fait nouveau, les femmes sont nombreuses à y participer. Elles demandent que soient augmentés leurs salaires mais également que la guerre cesse rapidement.

La plupart des politiciens français demandent que le gouvernement réponde avec fermeté à cette agitation. Plutôt que d'emploi de la répression, le ministre de l'intérieur Louis Jean Malvy préfère opter pour le dialogue social.

Malvy fait notamment pression sur les employeurs pour qu'ils accordent des augmentations de salaires à leurs ouvrières et ouvriers. Et ainsi, en quelques mois, les manifestations (et le climat d'insurrection qui les entoure) s'essoufflent peu à peu.


Furieuse, l'extrème-droite française accuse alors Louis Jean Malvy d'être l'amant de Mata-Hari, d'avoir fourni des renseignements militaires à l'Allemagne et d'avoir organisé des mutineries sur le front.


Fin mai, l'Internationale socialiste organise une conférence à Stockholm afin de favoriser l'ouverture de négotiations qui, espère-elle, permettront d'obtenir la fin de la guerre. Bien que les socialistes révolutionnaires français soient restés fidèles à l'Union sacrée, le gouvernement refuse de leur accorder des visas... Par ailleurs, le 6 août 1918, Louis Jean Malvy, accusé par la Haute cour d'avoir trahi les devoirs de sa charge, est condamné à 6 mois de bannissement.