En 1934, le colonel Charles de Gaulle est totalement inconnu du public français. Par contre, plusieurs officiers supérieurs allemands (dont Rudolf von Ribbentrop) connaissent bien le nom de ce jeune colonel français qu'ils considèrent, de loin, comme le meilleur "technicien français des tanks". Son livre Vers l'armée de métier, qui a carrément été traduit en allemand, connaît un grand succès auprès de l'état-major d'Adolf Hitler.

Dans cet ouvrage, Charles de Gaulle développe sa doctrine sur la guerre moderne : une guerre qui sera offensive et de mouvement et dans laquelle les blindés devront largement tenir le premier rôle. L'état-major français a, quant à lui, préféré ignorer les théories (jugées utopiques) du jeune colonel, lequel préconise de se contenter d'une armée de seulement 100.000 soldats, mais forte de 5000 blindés rapides et de 5000 avions de chasse.

1943-blinde allemandFace au réarmement de l'Allemagne nazie et au danger que cette dernière fait peser sur la paix, les théories du colonel de Gaulle reçoivent alors le soutien fervent de Paul Reynaud, spécialiste dans les domaines de l'économie et de la défense. Reynaud oeuvre activement pour l'éclatement du Front populaire et pour un réarmement rapide de la France. En 1935, il demande au parlement d'approuver la doctrine du colonel de Gaulle...

Le 15 mars de cette même année, la chambre repousse le projet d'armée offensive. Paul Reynaud et Charles de Gaulle doivent alors faire profil bas... Cependant, quand les divisions de la wehrmacht se rue sur la France, en 1939, leur victoire fulgurante est en grande partie obtenue par l'emploi massif de blindés, lesquels foncent sur Paris grâce au soutien musclé de la luftwaffe, la puissante aviation de chasse de l'armée allemande.