1947-Ho-Chi-MinhEn février de cette année là, le dirigeant vietnamien Ho Chi Minh accepte de répondre aux questions du journaliste Campbell, lequel travaille pour l'agence Reuter à Saïgon.

Ho Chi Minh lui affirme que le peuple du Vietnam ne veut rien d'autre que l'indépendance et l'unité nationale de la Cochinchine, de l'Annam et du Tonkin.

Il ajoute que si la France ne parvient pas à régler le conflit pacifiquement, le gouvernement vietnamien sera contraint de faire appel à l'arbitrage de l'ONU.

Par ailleurs, Ho Chi Minh nie fermement que le Vietnam soit un instrument mis entre les mains du Japon et réfute tout aussi farouchement que son pays soit communiste.

Il informe le journaliste que, malgré ses appels réitérés, il n'a à ce jour reçu aucune réponse du gouvernement français. 


Ho Chi Minh termine l'entrevue en précisant qu'il sait que les français sont nettement mieux armés que les vietnamiens...


Dans ces conditions, une guerre n'apporterait que ruines et destructions pour son pays. D'après lui, cela suffit à prouver que ce n'est pas le Vietnam qui a provoqué ce conflit. Le journaliste Campbell décide ensuite de transmettre son article à son agence mais la censure française se montre inflexible et refuse que les propos d'Ho Chi Minh soient publiés. Campbell décide alors de la contourner... 

Il transmet les réponses d'Ho Chi Minh à son collègue de l'agence Reuter de Singapour qui va servir de relais et, ainsi, permettre leur publication. De son côté, l'état-major français pense utile d'informer la presse que depuis le 19 décembre 1945, date de l'ouverture du conflit, ses pertes s'élèvent désormais à 1855 tués ou blessés.