Le 14 juin, à la tête de ses hommes, le théoricien nazi Alfred Rosenberg fait défoncer les portes des temples des francs-maçons parisiens. Dans les semaines qui suivent, il fait expédier à Berlin la totalité des archives des différentes loges. Les francs-maçons étant, avec les juifs et les communistes, des ennemis officiels des nazis, Rosenberg justifie l'importance de son envoi en affirmant que bien les connaître permettra de mieux les combattre.

1940-Canular sur la franc-maconnerielEn fait, Alfred Rosenberg appartient à la très ésotérique société secrète de Thulé dont les membres sont les créateurs du mythe de la race aryenne et il est également convaincu que les francs-maçons français ont découvert le secret des alchimistes du moyen-âge.

Donc, quelque part dans ce qu'il a pris dans leurs temples, se trouve la recette qui permet de transformer le métal en or. Et la découvrir permettra aux nazis d'acheter des armes à profusion !

Pendant que les francs-maçons français sont déportés dans les camps d'extermination, les historiens et interprètes allemands travaillent d'arrache-pied sur leurs archives mais ne découvrent rien.

Plus tard, alors que les alliés progressent rapidement vers l'Allemagne et bombardent Berlin, les tonnes d'archives françaises sont déplacées plus à l'est... où elles tombent entre les mains de l'armée soviétique.

Le tout est aussitôt expédié à Moscou et Staline y fait alors rechercher d'éventuelles traces de la présence de francs-maçons au sein de l'OTAN... ou parmi les différents partis communistes européens. Aprés la guerre, les francs-maçons français devront attendre plusieurs decennies pour que, le 23 décembre 1999 seulement, la Russie accepte enfin de leur rendre une toute petite partie de leurs archives.