Mehdi Ben Barka est un opposant marocain en exil à Genève. Hassan II, le roi du Maroc, et Oufkir, son ministre de l'intérieur, le trouve trop virulent à leur goût et aimeraient bien le voir revenir au Maroc pour l'interroger. Mais Ben Barka, en tant que principal dirigeant socialiste africain et en tant qu'organisateur de la 1ère Conférence tricontinentale des pays du tiers-monde, a d'autres ennemis, notamment le Mossad israélien ou la CIA américaine.

1965-Mehdi Ben BarkaLe 29 octobre à Paris, à l'occasion d'un supposé rendez-vous avec un producteur de cinéma, Ben Barka est interpellé à la brasserie Lipp par 2 hommes qui se disent policiers de la brigade mondaine.

Ils lui demandent de le suivre et Ben Barka, qui vient d'obtenir un rendez-vous avec De Gaulle, est en confiance. Un véhicule l'emmène alors jusqu'à une villa de Fontenay-le-Vicomte où il attend : une haute personnalité doit venir le voir !

Ben Barka ignore que la villa où il attend est la propriété du truand Georges Boucheseiche, ancien membre de la Carlingue (la Gestapo française), et que ce dernier vient d'accepter "une mission qui concerne Ben Barka".

La police française, qui a mis Boucheseiche et ses comparses sur écoute, informe régulièrement Roger Frey, le ministre de l'intérieur, de ce qu'ils se disent.

Entretemps, le ministre Oufkir arrive à Paris en visite officielle. Puis il repart quelques temps plus tard. Dans l'intervalle, Mehdi Ben Barka a disparu de la villa de Fontenay-le-Vicomte et demeure totalement introuvable. Malgré les demandes d'explications qu'il adresse à ses services, Charles de Gaulle, le président de la République française, se heurte alors à l'impénétrable et obstiné silence de la police française. Au début du 21ème siècle, le mystère de la disparition de Ben Barka n'est toujours pas résolu.