Au début du mois d'août, au lendemain de l'ultimatum qui lui a été adressé par les alliés, le général Franco prend la parole au micro de la radio nationale espagnole : il proteste contre les qualificatifs qui ont été attribués à la nature de son régime politique. Il les juge injustes, voire arbitraires, et surtout n'y voit, quant à lui, que le résultat de l'action diffamatoire des "réfugiés rouges" et de leurs acolytes à l'étranger.

1959-Franco et Eisenhower a MadridFrancisco Franco note que l'Espagne est menacée d'être exclue de l'Organisation des Nations Unies (ONU) malgré les services qu'elle a rendue à la paix et à la culture humaine. Le dictateur affirme également que, du temps où l'Espagne était encore une monarchie, elle s'était elle-même retirée de la Société des Nations, l'ancêtre de l'ONU. Le général Franco rappelle ensuite la position tenue par son pays depuis le début du 20ème siècle...

Il note ainsi que l'Espagne est restée neutre et indépendante au cours des 2 guerres mondiales que l'histoire a connue... Après avoir entendu le discours de Franco, Salvador Madariaga, ancien ambassadeur d'Espagne à Paris déclare que le mieux, pour les USA et l'Angleterre, serait à la fois de maintenir leurs relations diplomatiques avec l'Espagne et, dans le même temps, de suspendre toutes relations commerciales avec ce pays.

Les alliés redoutent de voir éclater une nouvelle guerre civile dans la péninsule ibérique. Ils choisissent donc d'attendre que l'Espagne franquiste décide la première avant de se prononcer eux-même. Toutefois, en agissant ainsi, ils ont parfaitement conscience qu'ils laissent au dictateur Franco un répit qu'il va sans doute mettre à profit pour maintenir son régime autoritaire à la tête du pays...