Au début de 1943, plusieurs indices permettent de penser que l'Allemagne nazie va être vaincue dans un futur plus ou moins proche. Quelques-uns des dirigeants de la résistance française pensent qu'il faut désormais commencer à organiser  l'aprés-guerre. Le 16 janvier, le Comité d'Action Socialiste est le 1er à publier dans Le Populaire, son journal clandestin, un programme politique ayant pour but de rétablir les libertés démocratiques.

1943-le Comite d Action Socialiste publie son programmeIl prévoit la mise en place d'un Conseil National chargé de préparer l'élection d'une Assemblée Constituante au suffrage universel, avec le droit de vote pour les femmes, et la création d'un statut colonial destiné à émanciper les "populations indigènes".

Ce programme prévoit également que le Conseil National aura la mission d'éliminer les trusts, d'abolir la concurrence et le profit et qu'il devra nationaliser les banques, les industries et les compagnies d'assurance.

Le Conseil National de la Résistance (CNR) est ensuite créé.

Au mois de juin, le Comité d'Action Socialiste publie un programme qui reprend celui de janvier, auquel il a ajouté la mise en place de la cogestion dans les grandes et moyennes entreprises, ainsi que la création d'un "super état" appelé Société des Etats-Unis du Monde. En septembre, le syndicat CGT publie aussi son programme où il revendique le contrôle syndical des embauches.

Puis, le 26 novembre, le communiste Pierre Villon présente celui du Front National : il appelle les français à prendre les armes contre l'occupant et à créer des Comités de patriotes. Pour le jour de la Libération, les communistes donnent la priorité au droit au travail, à l'établissement d'une retraite pour les travailleurs et aux nationalisations des monopoles. Le 15 mars 1944, le programme du CNR (proche du projet des communistes) est adopté à l'unanimité...