1947-Paul RamadierAu lendemain des moissons, le gouvernement apprend que la récolte de blé dans le pays a chuté de 43 millions de quintaux (pour 1946) à 15 millions en 1947.

A la suite de l'annonce de ce résultat catastrophique, le conseil des ministres du 28 août décide de réduire la ration de pain des français de 250 à 200 grammes par jour à compter du 1er septembre.

Au marché noir, le quintal de blé se négocie déjà à 4000 francs et celui de l'orge de brasserie à 5000.

La France ne peut pas importer de blé car les stocks mondiaux sont insuffisants et, par ailleurs, parce que la République Française, après avoir été pillée par l'occupant, manque cruellement de devises.

Or les français, ayant besoin de se nourrir, vont reporter leurs achats sur d'autres aliments. Celà va inévitablement provoquer des hausses de prix, comme à Paris où les cours de la viande flambent déjà allègrement.

Pour éviter l'abattage opportuniste des vaches laitières, les pouvoirs publics indexent le prix du lait sur celui de la viande, ce qui provoque une augmentation des prix du beurre et des produits laitiers. Dans ce climat de tension sur les prix des produits alimentaires, le gouvernement du socialiste Paul Ramadier se refuse à réajuster les prix des produits industriels et les salaires des employés de l'industrie. Le patronat et la CGT protestent alors d'une même voix...

L'un et l'autre rappellent au gouvernement que c'est la flambée vertigineuse du prix de la viande qui a créé l'infernale spirale de la hausse des prix des denrées alimentaires. Ramadier et ses ministres, conscients de ne pas maitriser tous les marchés, envisagent alors de procéder à des réquisitions de bétails et de céréales... avant de se raviser en réalisant que les élections municipales s'approchent à grands pas.