A la fin de la guerre, 12 millions de personnes sont déportées. En mai 1947, il n'en reste plus qu'un million, qui sont désormais pudiquement nommées "personnes déplacées". Ce résultat spectaculaire a été obtenu par le Comité Intergouvernemental des Réfugiés, créé 10 auparavant pour venir en aide aux victimes des persécutions nazies. Des organisations privées s'occupent de leur approvisionnement en nourriture.

1947-Carte des deportes europeensPuis, l'Organisation des Nations Unis reçoit de 30 pays le mandat de prendre le relais du Comité Intergouvernemental des Réfugiés

Cinq sont contre : l'URSS, l'Ukraine, la Biélorussie, la Pologne et la Yougoslavie... d'où proviennent la majorité des "déplacés".

Son budget est assuré à 46% par les USA, à 15% par l'Angleterre et à 13% par la Belgique et la Chine.

Les "déplacés" sont désormais estimés être 835.000 (170.000 juifs de toutes nationalités, 350.000 polonais, 90.000 lettons, 82.000 ukrainiens, 55.000 lituaniens et 26.000 estoniens).

Peu d'entre eux souhaitent être rappatriés dans leur pays.

Le soin de chercher une solution est alors confié aux autorités militaires des zones d'occupation américaine et britannique (où se trouvent 90% des déplacés). Une "utilisation prioritaire" est finalement choisie pour ce "réservoir de main d'oeuvre"...

Elle est mise à la disposition des pays et régions qui ont été dévastés par les nazis et qui ont un besoin urgent de travailleurs. Ainsi, dans la zone d'occupation française, il est promis à 50.000 "personnes déplacées" qu'aprés une période d'essai de 90 jours de travail, elles pourront faire venir leurs familles en France. En Belgique, 20.000 travailleurs baltes sont embauchés dans les mines du pays... pour libèrer les prisonniers allemands qui y travaillent.