En février, une vive polémique a éclaté en Suède. Elle porte sur les retraites "parachutes" accordées à des grands chefs d'entreprises du pays. La goutte d'eau qui a fait déborder le vase provient du PDG Lars-Aake Helgesson qui, à 56 ans, quitte le consortium Stora avec une indemnité de départ de 12 millions de Couronnes. Il n'a pourtant passé que 6 ans à la tête de ce groupe où il n'a obtenu que de piètres résultats.

1998-Hans Göran PerssonHelgesson continuera de toucher 55% de son salaire annuel, soit 6 millions de Couronnes. Le record appartient cependant à l'ancien PDG d'Ericsson, lequel frôle les 9 millions annuels, suivi de près par l'ancien dirigeant de Volvo.


Sachant que la croissance du pays devrait baisser en 1998, l'affaire Helgesson inquiète le 1er ministre social-démocrate Hans Göran Persson qui craint des dérapages dans les futures négociations salariales.


A 8 mois d'élections législatives qui s'annoncent difficiles du fait de l'échec de sa politique de lutte contre le chômage, le 1er ministre  dénonce donc les pratiques des grandes entreprises du pays.

Plusieurs de ses ministres fustigent également "ces patrons qui ont choisi de vivre sur une autre planète". Les relations entre sociaux-démocrates et grands patrons ne devraient d'ailleurs pas s'arranger de sitôt...

Alors que la polémique Helgesson bat son plein, le patronat suédois réclame au gouvernement un allègement de l'impôt sur le revenu. Les grands patrons suédois semblent avoir oublié qu'ils bénéficient déjà du plus faible taux d'imposition sur les bénéfices de toute l'Europe. Une part grandissante de la population ne perçoit plus désormais les PDG du pays que comme une "bande de copains" avant tout soucieuse de se "renvoyer l'ascenseur".