En février 1975, les écologistes parisiens, qui ont remporté un petit succès électoral au 1er tour, annoncent qu'ils vont créer une "radio libre" qui retransmettra en direct le débat du 2nd tour. Le lendemain, bien qu'elle ne soit encore qu'une station fantôme, la France entière parle de Radio Verte. Puis, le 13 mai, cette dernière commence à émettre en région parisienne. D'autres radios libres suivent son exemple et tentent d'être écoutées...

1975-radios pirates françaiseLes techniciens du ministère des Postes Télégraphe et Téléphone (PTT) s'activent alors à brouiller les émissions de ces radios pirates, créations d'amoureux de la musique, de gauchistes en mal de propagande, de minorités sans voix, de défenseurs des langues régionales, de lycéens ou d'étudiants tentés par l'aventure.

Pour mieux se défendre, beaucoup se regroupent au sein de l'Association pour la Libération des Ondes (ALO). Le gouvernement du président Valéry Giscard d'Estaing perd alors les procés qu'il intente aux radios libres.

En réaction, il fait modifier la loi en sa faveur et met la police et la justice en ordre de bataille : les peines de prison se mettent alors à pleuvoir sur les fondateurs de ces radios illégales. Ceux qui y échappent sont rares, à l'instar de Radio Libre 44 ou Radio Verte Fessenheim qui sont plus prudentes et mieux organisées.

C'est dans ce climat que naît Radio Riposte en 1979 : cette radio pirate du Parti Socialiste se lance alors dans la défense des radios libres. La CGT crée à son tour Radio Luttes, dont les émissions se font sous la protection musclée des militants. Le pouvoir giscardien feint de les ignorer mais sa parade arrive rapidement et prend la forme d'un réseau de radios locales d'état qui envahit la bande FM et étouffe ainsi les radios pirates.