En Suède, où les dirigeants au pouvoir sont obsédés par tout ce qui touche à la sécurité routière, les conducteurs de voitures doivent éviter d'avoir plus de 0,2 gramme d'alcool dans le sang s'ils ne veulent pas aller en prison. Les autorités considèrent que le moindre petit accrochage est de trop et les accidents graves sont présentés à la télévision comme des drames terribles. C'est dans ce contexte que les élus de Stockholm prennent une décision...

1997-StockholmAu cours de la séance du conseil municipal de septembre, ils proposent de porter la vitesse maximale autorisée de 50 km/h à 30 km/h dans toute la ville. L'objectif est de faire descendre le nombre d'accidents mortels à... zéro. L'opposition de droite s'enflamme alors et traite les élus de la majorité de "fanatiques" et "d'abrutis qui haïssent les voitures". Pour leur part, les élus écologistes regrettent que Stockholm ne soit pas déjà entièrement limitée à 30 km/h.

Pour l'heure, la mesure n'est en vigueur que devant les écoles. Elle devrait être étendue aux quartiers résidentiels avant d'être appliquée dans toute la capitale. Cependant, face à une certaine hostilité, Annika Billström, adjointe au maire chargée de la circulation, tente de calmer le mécontentement des chauffeurs de taxis et de la majorité des automobilistes en expliquant que cette mesure ne sera généralisée que si les habitants l'acceptent.

Pour y parvenir, une persuasive campagne d'information va prochainement être mise en place. Dans l'immédiat, les suédois gardent en mémoire l'amende qui a été donnée à Björn Eriksson, ancien chef de la police criminelle, lequel avait roulé à 45 km/h dans une zone limité à 30. De plus, après qu'il ait tenté d'user de son titre d'ancien policier pour échapper à la loi, le même Eriksson a été obligé de présenter des excuses télévisées à tout le pays.